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constrOK · 21 min

Sécurité sur chantier : obligations de l'employeur et plan de prévention

Selon l'[Assurance Maladie](https://www.ameli.fr/entreprise/sante-travail/votre-secteur/batiment-travaux-publics/chiffres-cles), le BTP enregistré 56 accidents du travail pour 1 000 salariés, contre…

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Sécurité sur chantier : obligations de l'employeur et plan de prévention

Sommaire

Introduction

Selon l'Assurance Maladie, le BTP enregistré 56 accidents du travail pour 1 000 salariés, contre 34 en moyenne tous secteurs confondus. En 2024, la branche AT/MP a comptabilise 146 décès dans le secteur. Les obligations de sécurité chantier ne sont pas un sujet administratif : elles conditionnent la survie physique des équipes et la survie juridique de l'entreprise. L'employeur porte une obligation de résultat en matière de sécurité, ce qui signifie que la simple mise en œuvre de moyens ne suffit pas a le protéger en cas d'accident.

Ce guide détaillé l'ensemble des obligations de sécurité qui pesent sur les employeurs du BTP : documents réglementaires (PGC, PPSPS, DUERP), équipements de protection individuelle, formation sécurité, coordination SPS et sanctions applicables. Chaque section fournit les references juridiques, les seuils concrets et les écueils les plus fréquents rélevés par l'inspection du travail.

En bref : L'employeur BTP doit évaluer les risques (DUERP), établir les plans de prévention adaptes (PGC/PPSPS selon la catégorie du chantier), fournir les EPI conformes et gratuits, former chaque salarié à son poste, et désigner un coordonnateur SPS des que deux entreprises interviennent simultanément. L'absence de PPSPS expose à 9 000 EUR d'amende, majoree à 15 000 EUR en cas de recidive.

Les chiffrés de la sinistralité BTP en 2024

Pourquoi le BTP reste le secteur le plus dangereux

Le bâtiment et les travaux publics représentent environ 8 % des salariés du regime général, mais concentrent une part disproportionnee des accidents graves. Selon le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie - Risques professionnels, le secteur a enregistré 72 633 accidents du travail et 146 décès sur l'année 2024.

Au cours de sa carriere, un salarié du BTP subira en moyenne 2,5 accidents du travail et cumulera 220 jours d'arret. L'indice de fréquence du secteur (56 pour 1 000) reste 65 % supérieur a la moyenne nationale.

Les trois causes principales d'accidents sur chantier

Les données de l'Assurance Maladie identifient trois familles de risques qui représentent à elles seules 94 % des accidents :

| Cause | Part des accidents | Exemples typiques |

|---|---|---|

| Manutention manuelle / TMS | 48 % | Port de charges lourdes, gestes repetitifs, postures contraignantes |

| Chutes de hauteur et de plain-pied | 31 % | Echafaudages, toitures, tranchees, sols encombres |

| Outillage à main | 15 % | Meuleuses, perceuses, scies, marteaux |

Ces accidents génèrent 8 millions de journées de travail perdues chaque année et coûtent au secteur plus d'1 milliard d'euros en cotisations AT/MP. Selon l'Assurance Maladie, les depenses directes et indirectes liées aux accidents représentent environ 5 % du coût des ouvrages.

Ce que ca signifie concretement : pour une PME de 30 salariés, un accident grave avec 71 jours d'arret (la moyenne sectorielle) génère un coût direct et indirect estimé entre 30 000 et 60 000 EUR, sans compter l'impact sur le planning du chantier et la reputation de l'entreprise. Une checklist de démarrage chantier rigoureuse réduit considerablement ce risque.

Quelles sont les obligations générales de l'employeur en matière de sécurité chantier ?

L'obligation de résultat : ce que dit le Code du travail

L'article L4121-1 du Code du travail impose a l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. La jurisprudence a transforme cette obligation en obligation de résultat : l'employeur ne peut pas se contenter de demontrer qu'il a pris des precautions. Si un accident survient, il doit prouver qu'il a mis en œuvre toutes les mesures possibles de prévention.

Les neuf principes généraux de prévention (article L4121-2) structurent cette obligation :

  1. Eviter les risques

  2. Evaluer les risques qui ne peuvent être evites

  3. Combattre les risques a la source

  4. Adapter le travail a l'homme

  5. Tenir compte de l'état d'évolution de la technique

  6. Remplacer ce qui est dangereux par ce qui l'est moins

  7. Planifier la prévention

  8. Prendre des mesures de protection collective en priorite

  9. Donner les instructions appropriees aux travailleurs

Les quatre piliers des obligations de sécurité BTP

En pratique, les obligations de sécurité chantier de l'employeur s'articulent autour de quatre axes :

L'évaluation des risques : chaque entreprise doit disposer d'un Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) mis à jour au moins annuellement et à chaque modification des conditions de travail.

La planification de la prévention : selon la configuration du chantier, l'employeur doit établir ou contribuer à un Plan General de Coordination (PGC) et/ou un Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Sante (PPSPS).

La mise a disposition des équipements : les EPI doivent être fournis gratuitement, adaptes aux risques identifiés, conformes aux normes européennes et entretenus régulièrement.

La formation et l'information : chaque salarié doit recevoir une formation à la sécurité adaptee à son poste, des son embauche et à chaque changement de fonction ou de chantier.

PGC et PPSPS : quels documents de sécurité pour quel type de chantier ?

Le Plan General de Coordination (PGC) : rôle et contenu

Le PGC est le document central de la sécurité chantier obligations en matière de coordination. Il est rédigé par le coordonnateur SPS mandate par le maître d'ouvrage. Son objectif : organiser la cohabitation des differentes entreprises sur le chantier et prévenir les risques liés a la co-activité.

Le PGC doit contenir :

  • L'analyse des risques liés aux interventions simultanees ou successives

  • Les règles de circulation sur le chantier (véhicules, pietons, engins)

  • Les moyens communs (sanitaires, vestiaires, installations électriques provisoires)

  • Les mesures de sécurité spécifiques aux travaux à risques particuliers

  • Le calendrier prévisionnel des interventions

  • Les modalités de cooperation entre les entreprises

Le PGC est obligatoire pour les chantiers de catégorie 1 et 2. Pour les chantiers de catégorie 3, un registre-journal suffit.

Le PPSPS : qui doit le rédiger et quand ?

Le Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Sante (PPSPS) est le pendant du PGC cote entreprise. Chaque entreprise intervenant sur un chantier soumis a coordination SPS doit rédiger son propre PPSPS. Ce document decrit les risques spécifiques liés à ses activités et les mesures de prévention qu'elle met en œuvre.

Un arret majeur de la Cour de cassation du 14 janvier 2025 (n. 23-84.130) a élargi cette obligation : le PPSPS ne concerne plus seulement les entreprises de travaux principaux. Toute entreprise dont l'activité "concourt à la réalisation de l'opération" doit établir un PPSPS, y compris les techniciens de maintenance, les prestataires de location de matériel et certains fournisseurs.

Attention : l'absence de PPSPS expose à une amende pouvant atteindre 9 000 EUR, majoree a 15 000 EUR en cas de recidive. Ce risque est souvent sous-estimé par les PME qui interviennent ponctuellement sur des chantiers coordonnes.

Tableau recapitulatif : PGC et PPSPS selon la catégorie de chantier

| Critere | Catégorie 1 | Catégorie 2 | Catégorie 3 |

Securite Chantier Obligations Employeur - illustration 1

|---|---|---|---|

| Seuil | > 10 000 hommes-jours | > 500 hommes-jours OU > 30 jours + 20 travailleurs | >= 2 entreprises, sans critère de volume |

| PGC | Obligatoire (PGC complet) | Obligatoire (PGC simplifié) | Non obligatoire |

| PPSPS | Obligatoire pour chaque entreprise | Obligatoire pour chaque entreprise | Non obligatoire (plan de prévention à la place) |

| CISSCT | Obligatoire (College interentreprises de sécurité) | Non obligatoire | Non obligatoire |

| Declaration préalable | Obligatoire (a l'inspection du travail + CARSAT) | Obligatoire | Non obligatoire |

| Registre-journal | Obligatoire | Obligatoire | Obligatoire |

| Coordonnateur SPS | Niveau 1 | Niveau 2 | Niveau 3 |

Exemple terrain : une PME de gros œuvre intervient sur un chantier de construction de 15 maisons individuelles. Le chantier mobilise 25 ouvriers pendant 4 mois, avec 6 entreprises (terrassement, gros œuvre, charpente, couverture, plomberie, électricité). Ce chantier rélevé de la catégorie 2 : le maître d'ouvrage doit nommer un coordonnateur SPS de niveau 2, faire établir un PGC, et chaque entreprise doit fournir son PPSPS avant d'intervenir. La coordination des corps de métier est un facteur cle de réussite à ce stade.

La principale difficulte pour les PME reste le suivi documentaire : collecter les PPSPS de chaque sous-traitant, vérifier leur coherence avec le PGC, archiver les mises à jour. Des ERP spécialisés comme ConstrOK centralisent ces documents dans un espace unique accessible depuis le terrain, avec des alertes automatiques lorsqu'un PPSPS manque ou arrive a échéance. Chaque intervenant dispose de son propre acces pour déposér ses pieces, ce qui elimine les relances par e-mail et les oublis.

Le DUERP : socle de la prévention des risques sur chantier

Qu'est-ce que le DUERP et pourquoi est-il central ?

Le Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) est un document obligatoire pour toute entreprise des le premier salarié (articles R4121-1 a R4121-4 du Code du travail). Il recensé l'ensemble des risques auxquels les salariés sont exposes et definit les actions de prévention correspondantes.

Le DUERP n'est pas un document statique. Il doit être mis à jour :

  • Au minimum une fois par an (obligatoire pour les entreprises de 11 salariés et plus)

  • A chaque décision d'aménagement modifiant les conditions de travail

  • Lorsqu'une information supplémentaire sur un risque est recueillie (retour d'accident, nouveau matériel)

Les risques spécifiques à intégrer dans le DUERP BTP

Le DUERP d'une entreprise du bâtiment doit couvrir des risques spécifiques au secteur :

  • Chutes de hauteur : echafaudages, toitures, tremies, fouilles

  • Risques liés aux engins : grues, pelles mecaniques, nacelles

  • Risques chimiques : poussieres de silice, amiante, solvants, ciments

  • Risques électriques : installations provisoires, travaux à proximité de lignes

  • Risques liés aux manutentions : port de charges, vibrations

  • Risques thermiques : depuis juillet 2025, le DUERP doit intégrer un plan d'action canicule avec des mesures graduees selon les niveaux de vigilance météo

  • Risques liés aux dechets de chantier : la réglementation sur la gestion des dechets de chantier impose une traçabilité stricte, à intégrer dans l'évaluation des risques

Point de vigilance : le DUERP doit être conserve pendant 40 ans dans sa version à jour. Depuis le 1er juillet 2023, les entreprises de 150 salariés et plus doivent le déposér sur un portail numérique dédié. Cette obligation sera etendue progressivement à toutes les entreprises. Une GED adaptee au BTP facilite l'archivage et la mise à jour de ce document critique.

Comment structurer un DUERP adapte au BTP

Un DUERP efficace dans le BTP s'organisé généralement par unité de travail (chantier, atelier, bureau) et par type de risque. Pour chaque risque identifié, le document doit préciser :

  • La nature du danger et les situations d'exposition

  • La fréquence et la durée d'exposition

  • La gravite potentielle des dommages

  • Les mesures de prévention existantes

  • Les actions correctives a mener, avec un calendrier et un responsable

L'OPPBTP met a disposition un outil en ligne gratuit pour aider les entreprises du BTP à réaliser leur DUERP.

Quels EPI sont obligatoires sur un chantier BTP ?

La liste des EPI chantier obligatoires et leurs normes

L'article R4321-4 du Code du travail impose a l'employeur de fournir gratuitement les EPI adaptes aux risques identifiés. La directive européenne (UE) 2016/425 impose le marquage CE sur tous les EPI commercialises en France. Voici les équipements de base pour un chantier de construction :

| EPI | Norme de référence | Obligatoire quand… |

|---|---|---|

| Casque de sécurité | NF EN 397/A1 | Tout chantier ou un risque de chute d'objet existe |

| Chaussures de sécurité | EN ISO 20345 (S1P ou S3) | Tout chantier BTP |

| Gants de protection | EN 388 (mecanique), EN 407 (thermique), EN 374 (chimique) | Selon le risque identifié |

| Lunettes ou écran facial | EN 166 | Travaux de meulage, soudure, découpe, projection |

| Protection auditive | EN 352 | Des 80 dB(A) d'exposition quotidienne |

| Gilet haute visibilité | EN ISO 20471 | Proximite d'engins, travaux en bordure de voie |

| Harnais antichute | EN 361 | Travaux en hauteur sans protection collective |

| Masque respiratoire | EN 149 (FFP) ou EN 140 | Exposition aux poussieres, fibres, vapeurs |

| Vetements de travail | ISO 13688 | Selon conditions (intemperies, projections) |

Les obligations de l'employeur concernant les EPI

Fournir les équipements ne suffit pas. L'employeur doit aussi :

  • Verifier l'adequation des EPI aux risques identifiés dans le DUERP

  • Assurer la maintenance et le remplacement régulier (un casque de chantier se remplace tous les 3 à 5 ans, ou immédiatement après un choc)

  • Former les salariés a l'utilisation correcte des EPI (notamment le harnais antichute, dont le mauvais reglage annule la protection)

  • Contrôler le port effectif sur le chantier

Un chef de chantier qui constaté qu'un ouvrier ne porte pas son casque et ne reagit pas engage la responsabilité de l'employeur. La tolérance, même tacite, constitue une faute.

Coût de référence : l'équipement EPI complet d'un ouvrier BTP (casque, chaussures, gants, lunettes, gilet, protections auditives) représente entre 150 et 300 EUR par an. A comparer aux 30 000 à 60 000 EUR que coûte un accident grave.

Avec un ERP cloud comme ConstrOK, le chef de chantier enregistré la rémise de chaque EPI directement depuis son smartphone : type d'équipement, date, signature numérique du salarié. Le registre de distribution se constitue automatiquement, sans double saisie ni formulaire papier a scanner. En cas de contrôle, l'ensemble des preuves est accessible en quelques secondes.

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Formation sécurité : quelles obligations pour l'employeur BTP ?

Les obligations de formation sécurité dans le BTP constituent un volet majeur de la responsabilité de l'employeur. Elles s'appliquent à tous les salariés, y compris les interimaires dont la gestion présente des specificites importantes.

La formation générale à la sécurité

L'article R4141-2 du Code du travail impose une formation à la sécurité pour tout salarié, quelle que soit la nature de son contrat. Cette formation doit couvrir trois volets :

L'accueil sécurité : des l'arrivee sur le chantier, le salarié doit être informe des risques spécifiques du site, des consignes de sécurité, des zones dangereuses et des procédures d'urgence. Cette formation est délivrée pendant les heures de travail.

La formation au poste de travail : elle porte sur les gestes techniques, les modes operatoires sécurisés, l'utilisation des équipements et les conduites à tenir en cas d'anomalie.

La formation renforcée : obligatoire pour les postes à risques particuliers (travaux en hauteur, utilisation d'engins, travaux électriques, exposition a l'amiante).

Les formations spécifiques obligatoires dans le BTP

Au-delà de la formation générale, plusieurs certifications sont exigées selon les postes :

  • CACES (Certificat d'aptitude a la conduite en sécurité) : obligatoire pour tout conducteur d'engins de chantier, de nacelles élévatrices ou de chariots elevateurs

  • Habilitation électrique : obligatoire pour tout travailleur effectuant des opérations sur ou à proximité d'installations électriques

  • Formation amiante (sous-section 3 ou 4) : obligatoire pour les interventions sur des matériaux amiances

  • Sauveteur Secouriste du Travail (SST) : sur les chantiers de plus de 20 travailleurs pendant plus de 15 jours avec travaux dangereux, la presence d'un SST est obligatoire. La formation dure 14 heures, avec un recyclage tous les deux ans

  • Montage/demontage d'echafaudages : formation obligatoire pour les opérateurs et les responsables de chantier utilisant des echafaudages

Comment organiser le suivi des formations

Le suivi des formations est un point faible fréquent des PME du BTP. Un conducteur de travaux qui gère 5 chantiers simultanément avec 15 sous-traitants differents doit pouvoir vérifier instantanement que chaque intervenant dispose des certifications requises.

Securite Chantier Obligations Employeur - illustration 2

Mise en situation : un contrôleur de l'inspection du travail se présente sur votre chantier un lundi matin. Il demande a voir les CACES de vos conducteurs d'engins, les habilitations électriques de votre équipe, et la preuve que l'accueil sécurité a été réalise pour les deux interimaires arrives la semaine précédente. Pouvez-vous produire ces documents en moins de 10 minutes ? Si la réponse est non, vous avez un problème d'organisation documentaire qui vous expose a des sanctions.

Les entreprises qui utilisent un ERP comme ConstrOK pour centraliser les certifications de leurs équipes et sous-traitants repondent a ce type de contrôle en moins de deux minutes. Le système alerte automatiquement le conducteur de travaux lorsqu'un CACES ou une habilitation arrive a échéance, ce qui elimine le risque de laisser un salarié intervenir avec une certification perimee. Accessible via l'application mobile sur le terrain, cette traçabilité transforme un point de fragilite en avantage opérationnel.

Coordination SPS : quand et comment désigner un coordonnateur ?

Dans quels cas la coordination SPS est-elle obligatoire ?

La coordination Sécurité et Protection de la Sante (SPS) est obligatoire des que deux entreprises ou plus (y compris les sous-traitants) interviennent simultanément ou successivement sur un même chantier. C'est le maître d'ouvrage (et non l'entreprise générale) qui doit désigner et remunerer le coordonnateur SPS.

Les trois niveaux de coordonnateur correspondent aux trois catégories de chantier :

  • Coordonnateur de niveau 1 : chantiers de catégorie 1 (plus de 10 000 hommes-jours). Il preside le CISSCT et assure une presence régulière sur site.

  • Coordonnateur de niveau 2 : chantiers de catégorie 2. Il établit le PGC et organisé les inspections communes.

  • Coordonnateur de niveau 3 : chantiers de catégorie 3 (les plus courants pour les PME). Il tient le registre-journal et réalise une visite d'inspection commune.

Les missions du coordonnateur SPS

Le coordonnateur intervient en deux phases :

Phase conception : il élaboré le PGC, definit les mesures d'organisation générale du chantier, et intègre les principes de prévention des son origine.

Phase réalisation : il organisé les inspections communes avec les entreprises, veille a l'application du PGC, tient à jour le registre-journal et le DIUO (Dossier d'Intervention Ulterieure sur l'Ouvrage).

Le coordonnateur SPS n'a pas de pouvoir hierarchique sur les entreprises. Il ne se substitue pas a l'employeur pour la mise en œuvre des mesures de prévention. Chaque chef d'entreprise reste responsable de la sécurité de ses propres salariés.

Ce que l'arret du 14 janvier 2025 change pour les PME

L'arret de la Cour de cassation du 14 janvier 2025 (n. 23-84.130) a clarifie un point qui faisait debat : toute entreprise participant a l'opération de chantier, même ponctuellement, doit être intègree à l'analyse des risques. Cela concerne les techniciens de maintenance, les entreprises de location de matériel avec opérateur, et certains prestataires de livraison.

Concretement, si vous faites intervenir un technicien pour la mise en service d'une chaudiere ou un livreur de matériaux avec grue de dechargement, ces intervenants doivent être pris en compte dans le PGC et, le cas echeant, établir leur propre PPSPS. Les clauses de sécurité dans les contrats de sous-traitance doivent anticiper cette obligation.

Sanctions en cas de manquement aux obligations de sécurité chantier

Les sanctions penales

Les manquements aux obligations de sécurité sur chantier exposent l'employeur a trois niveaux de sanctions :

| Infraction | Sanction | Base juridique |

|---|---|---|

| Absence de DUERP | Amende de 1 500 EUR (3 000 EUR en recidive) | R4741-1 du Code du travail |

| Absence de PPSPS ou plan de prévention | Amende jusqu'à 9 000 EUR (15 000 EUR en recidive) | L4744-1 du Code du travail |

| Non-fourniture d'EPI | Amende de 3 750 EUR par salarié concerne | R4741-1 du Code du travail |

| Mise en danger deliberee d'autrui | 1 an d'emprisonnement + 15 000 EUR d'amende | 223-1 du Code pénal |

| Accident mortel avec faute inexcusable | 5 ans d'emprisonnement + 75 000 EUR d'amende | 221-6 du Code pénal |

Les conséquences financières au-delà des amendes

Les sanctions penales ne représentent qu'une partie du coût. En cas d'accident grave, l'employeur s'expose a :

  • La majoration des cotisations AT/MP : le taux maximal de cotisation dans le BTP atteint 4,03 %. Selon l'Assurance Maladie, le BTP génère 56 % des cotisations supplémentaires en 2024.

  • La réparation civile : indemnisation integrale du prejudice du salarié en cas de faute inexcusable reconnue.

  • L'interdiction de soumissionner aux marchés publics en cas de condamnation.

  • L'arret du chantier : l'inspection du travail peut ordonner l'arret immédiat des travaux en cas de danger grave et imminent.

Comment limiter votre exposition juridique

La meilleure protection reste la prévention documentée. Voici les cinq reflexes qui constituent votre bouclier juridique :

  1. Tenez votre DUERP à jour et faites-le signer par les salariés à chaque mise à jour

  2. Archivez les preuves de formation (attestations, feuilles d'emargement, CACES)

  3. Documentez les inspections de chantier (comptes-rendus dates et signés)

  4. Tracez la distribution des EPI (registre de rémise avec signature du salarié)

  5. Conservez les PPSPS de toutes les entreprises intervenantes, en vous appuyant sur le plan de prévention sécurité adapte à chaque chantier

Rappel : en cas d'accident, c'est a l'employeur de prouver qu'il a rempli ses obligations. L'absence de tracé écrite équivaut a l'absence de prévention aux yeux du juge.

FAQ

Le PPSPS est-il obligatoire pour un artisan intervenant seul sur un chantier ?

Non, le PPSPS n'est requis que lorsque au moins deux entreprises interviennent sur un même chantier soumis a coordination SPS. Un artisan seul sur son propre chantier doit disposer d'un DUERP, mais pas d'un PPSPS. Si cet artisan intervient comme sous-traitant sur un chantier coordonné, il doit en revanche établir son PPSPS.

Qui paie le coordonnateur SPS sur un chantier ?

Le maître d'ouvrage (le client, propriétaire du projet) est responsable de la designation et de la remuneration du coordonnateur SPS. Cette obligation ne peut pas être transferee à l'entreprise générale ni aux sous-traitants, même par clause contractuelle.

L'employeur doit-il fournir les EPI aux interimaires ?

L'entreprise utilisatrice fournit les EPI spécifiques au poste de travail. Les EPI dits "personnels" (chaussures de sécurité, casque) peuvent être fournis par l'agence d'interim si le contrat de mise a disposition le prevoit. En pratique, vérifiez ce point avant chaque mission.

Quelle différence entre le plan de prévention et le PPSPS ?

Le plan de prévention (décret du 20 février 1992) s'applique aux opérations réalisées dans un établissement existant par une entreprise exterieure. Le PPSPS s'applique aux chantiers de bâtiment et de genie civil soumis a coordination SPS. Ce ne sont pas les mêmes textes, les mêmes seuils, ni les mêmes formulaires.

Combien de temps faut-il conserver le DUERP ?

Le DUERP et ses mises à jour successives doivent être conserves pendant 40 ans à compter de leur elaboration. Cette durée correspond au délai de prise en charge de certaines maladies professionnelles a latence longue, comme les pathologies liées a l'amiante.

Un accident du travail peut-il entraîner la fermeture du chantier ?

Oui. L'inspecteur du travail peut ordonner l'arret temporaire des travaux en cas de danger grave et imminent (article L4731-1 du Code du travail). Le chantier ne reprend qu'après vérification de la mise en conformité. En cas de recidive ou de faute grave, le prefet peut ordonner la fermeture de l'établissement pour une durée maximale de trois mois.

Sources


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