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constrOK · 22 min

CCMI : le guide complet des obligations légales du constructeur de maisons individuelles

Le CCMI (contrat de construction de maison individuelle) est le cadre juridique qui régit l'activité de tout constructeur de maisons en France.

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CCMI : le guide complet des obligations légales du constructeur de maisons individuelles

Sommaire


Le CCMI (contrat de construction de maison individuelle) est le cadre juridique qui régit l'activité de tout constructeur de maisons en France. Issu de la loi n 90-1129 du 19 décembre 1990, ce contrat impose au constructeur plus d'une douzaine de mentions obligatoires, un échéancier de paiement strictement encadré, et la souscription de garanties financières lourdes. Le non-respect de ces obligations CCMI constructeur expose l'entreprise a des sanctions penales pouvant aller jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende.

Selon la DGCCRF, 55 % des entreprises contrôlees présentent des manquements dans leurs CCMI. Ce chiffré, stable depuis plusieurs années, révèle une meconnaissance persistante du cadre réglementaire, y compris chez des constructeurs experimentes.

Ce guide détaillé chaque obligation du constructeur dans le cadre du CCMI, les risques concrets en cas de non-conformité, et les bonnes pratiques pour sécuriser vos contrats.

En bref : Le CCMI impose au constructeur 12 mentions obligatoires dans le contrat, un échéancier de paiement plafonne par étape de chantier (de 5 % à la signature jusqu'à 95 % a l'achevement des travaux), et la souscription de quatre garanties (livraison, remboursement, dommages-ouvrage, décennale). Les sanctions vont de la nullité du contrat a des poursuites penales.


Qu'est-ce que le CCMI et quels textes l'encadrent ?

Le CCMI est le contrat de construction de maison individuelle. C'est le cadre juridique obligatoire pour toute entreprise qui se charge de construire une maison pour un particulier, que cette entreprise fournisse ou non les plans.

Les textes de référence

Le dispositif réglementaire repose sur trois piliers :

  • La loi n 90-1129 du 19 décembre 1990, codifiee aux articles L.231-1 a L.231-13 et L.232-1 a L.232-2 du Code de la construction et de l'habitation

  • Les décrets n 91-1201 et n 91-1202 du 27 novembre 1991, qui précisent les modalités d'application (échéancier de paiement, notice descriptive, garanties)

  • L'arrêté du 27 novembre 1991, qui fixe le modèle type de la notice descriptive

Ces textes sont d'ordre public. Cela signifie qu'aucune clause contractuelle ne peut y deroger, même avec l'accord du maître d'ouvrage. Un constructeur qui insererait une clause contraire dans son contrat s'exposerait à la nullité de cette clause, voire du contrat entier. Les conséquences en termes de responsabilité du constructeur pour vices caches peuvent s'ajouter aux sanctions contractuelles.

Qui est concerne ?

Toute personne qui se charge de la construction d'un immeuble a usage d'habitation ne comportant pas plus de deux logements destines au même maître d'ouvrage. Cela couvre les constructeurs de maisons individuelles, mais aussi certains entrepreneurs généraux et contractants généraux, dès lors qu'ils assument la responsabilité globale de la construction.


CCMI avec ou sans fourniture de plan : quelles différences pour le constructeur ?

La loi distingue deux types de CCMI. Le choix entre les deux modifié substantiellement le périmètre des obligations du constructeur.

Le CCMI avec fourniture de plan (article L.231-1)

C'est le contrat le plus courant pour les constructeurs de maisons individuelles. Le constructeur fournit le plan de la maison et prend en charge la totalite de la construction. Ce contrat est soumis au regime le plus protecteur pour le maître d'ouvrage.

Le constructeur doit :

  • Fournir les plans et le permis de construire

  • Respecter un échéancier de paiement strictement reglemente (article R.231-7)

  • Souscrire une garantie de livraison a prix et délais convenus

  • Joindre une notice descriptive conforme au modèle type réglementaire

  • Respecter un prix forfaitaire et définitif (hors clauses de révision encadrees)

Le CCMI sans fourniture de plan (article L.232-1)

Ce contrat s'applique quand le constructeur n'a pas fourni le plan mais se charge au minimum du gros œuvre, de la mise hors d'eau et hors d'air. Le regime est allege sur plusieurs points :

  • L'échéancier de paiement est fixe contractuellement (pas de plafonds réglementaires)

  • Les travaux non compris dans le prix convenu n'ont pas a être chiffrés

  • Le constructeur n'a pas à fournir la notice descriptive conforme au modèle type

| Critere | CCMI avec plan (L.231-1) | CCMI sans plan (L.232-1) |

|---|---|---|

| Plans fournis par le constructeur | Oui | Non |

| Echeancier de paiement | Reglemente (R.231-7) | Contractuel |

| Garantie de livraison | Obligatoire | Obligatoire |

| Notice descriptive type | Obligatoire | Non imposée |

| Prix forfaitaire global | Oui | Gros œuvre uniquement |

| Pénalités de retard | Obligatoires | Obligatoires |

| Droit de retractation 10 jours | Oui | Oui |

Attention : la requalification en CCMI avec fourniture de plan est un risque réel. Si le constructeur participe a la conception des plans, même indirectement (suggestions d'aménagement, fourniture de plans types), le contrat peut être requalifie par le juge en CCMI avec plan, avec toutes les obligations afferentes.


Quelles sont les 12 mentions obligatoires du contrat CCMI ?

L'article L.231-2 du Code de la construction et de l'habitation liste les mentions qui doivent figurer dans tout CCMI avec fourniture de plan. L'absence d'une seule de ces mentions peut entraîner la nullité du contrat.

Liste des mentions obligatoires

  1. La designation du terrain : surface, référence cadastrale, titre de propriété du maître d'ouvrage ou promesse de vente

  2. La conformité du projet : affirmation que la construction respecté les règles d'urbanisme et de construction applicables (PLU, RE2020, etc.)

  3. La description technique de la construction : consistance et caracteristiques techniques, travaux d'adaptation au sol, raccordements aux réseaux, équipements intérieurs et exterieurs indispensables a l'implantation et a l'utilisation de l'immeuble

  4. Le prix convenu : montant forfaitaire et définitif, incluant le coût de tous les travaux à la charge du constructeur. Les travaux réserves par le maître d'ouvrage doivent être chiffrés separement

  5. Les modalités de révision du prix : si une clause de révision est prévue, elle doit se referer a l'indice BT01 et respecter les conditions fixees par la loi

  6. Le délai d'exécution des travaux : date d'ouverture du chantier et durée maximale, avec prise en compte des eventuelles causes legitimes de suspension

  7. Les pénalités de retard : montant minimum fixe a 1/3000e du prix convenu par jour de retard (article L.231-2, f)

  8. Les conditions suspensives : obtention du permis de construire, obtention du prêt, purge du délai de recours des tiers, etc. Les litiges liés aux conditions suspensives du CCMI figurent parmi les contentieux les plus fréquents entre constructeurs et maîtres d'ouvrage.

  9. L'échéancier de paiement : conforme aux plafonds fixes par l'article R.231-7

  10. La référence de l'assurance dommages-ouvrage : nom de l'assureur et numero de police

  11. L'indication de l'obtention du permis de construire : ou, à défaut, les conditions dans lesquelles il sera obtenu

  12. Les justificatifs des garanties : attestation de la garantie de livraison a prix et délais convenus, et le cas echeant, attestation de la garantie de remboursement

  13. La possibilite de se faire assister : mention du droit du maître d'ouvrage de se faire assister par un professionnel lors de la réception

Les annexes obligatoires

Le contrat CCMI doit être accompagné de plusieurs pièces annexes :

Ccmi Obligations Constructeur Guide - illustration 1

  • Les plans de la construction et le dessin d'un plan en perspective

  • La notice descriptive conforme au modèle type réglementaire

  • La copie du permis de construire (ou à défaut, la mention des conditions d'obtention)

  • Les attestations d'assurance et de garantie du constructeur

Mise en situation : Un constructeur signé un CCMI sans mentionner les pénalités de retard, estimant que le délai contractuel suffit. Le chantier prend 3 mois de retard. Le maître d'ouvrage demande la nullité du contrat devant le tribunal. Le juge prononce la nullité : l'ensemble du contrat est remis en cause, et le constructeur doit restituer les sommes perçues tout en ayant engage des depenses de construction. Le coût de cette omission : plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Verifier 12 mentions obligatoires sur chaque contrat, croiser les attestations de garantie avec les dates de validité, s'assurer que la notice descriptive respecté le modèle type : ce travail de conformité est chronophage mais non negociable. Des ERP spécialisés comme ConstrOK intègrent ces contrôles dans le workflow de rédaction du contrat, avec des alertes automatiques en cas de piece manquante ou de mention absente.


Quel est l'échéancier de paiement légal en CCMI ?

L'échéancier de paiement du CCMI est fixe par l'article R.231-7 du Code de la construction et de l'habitation. Les pourcentages sont des plafonds : le constructeur ne peut pas appeler plus que ces montants, même si l'avancement réel le justifierait.

Echeancier avec garantie de remboursement

Quand le constructeur a souscrit une garantie de remboursement, il peut percevoir un acompte à la signature :

| Étape du chantier | Pourcentage cumule maximum |

|---|---|

| A la signature du contrat (acompte) | 5 % |

| Ouverture du chantier | 15 % |

| Achevement des fondations | 25 % |

| Achevement des murs | 40 % |

| Mise hors d'eau | 60 % |

| Achevement des cloisons et mise hors d'air | 75 % |

| Achevement des travaux d'équipement, plomberie, menuiserie, chauffage | 95 % |

| Rémise des clés (réception) | 100 % |

Echeancier sans garantie de remboursement

Sans cette garantie, l'acompte à la signature est limite à 3 %, et le constructeur ne peut pas encaisser cette somme : elle doit être consignee sur un compte bloque.

Le solde de 5 % à la réception

Les 5 % restants meritent une attention particulière. Si le maître d'ouvrage formule des réserves à la réception, ou dans les 8 jours suivants, il peut consigner ce solde auprès de la Caisse des Depots et Consignations jusqu'à la levée des réserves. Le constructeur ne peut pas s'y opposer.

Si aucune réserve n'est formulée et que le maître d'ouvrage est assiste d'un professionnel le jour de la réception, le solde est exigible immédiatement. En l'absence de professionnel, le maître d'ouvrage dispose de 8 jours supplémentaires pour signaler des desordres. Pour maitriser chaque étape de cette phase critique, consultez nos guides sur la réception de travaux et la gestion des réserves et la livraison de maison individuelle.

Point de vigilance : un appel de fonds anticipe par rapport à l'avancement réel du chantier constitue une infraction. La DGCCRF le rélevé régulièrement lors de ses contrôles. Le constructeur doit pouvoir justifier que l'étape correspondante est effectivement atteinte avant d'émettre l'appel.

Pour approfondir le mécanisme des appels de fonds et les erreurs courantes, consultez notre guide complet sur les appels de fonds en CCMI.

Avec un ERP cloud comme ConstrOK, le conducteur de travaux saisit l'avancement du chantier depuis le terrain via l'application mobile. Le système calcule automatiquement le montant de l'appel de fonds correspondant selon les plafonds réglementaires de l'article R.231-7, et bloque toute émission qui depasserait le pourcentage autorise pour l'étape en cours.

Gagnez du temps sur vos appels de fonds CCMI — ConstrOK génère des appels de fonds conformes aux plafonds réglementaires, directement depuis l'avancement chantier. Demandez une démonstration.


Quelles garanties le constructeur doit-il obligatoirement souscrire ?

Le CCMI impose la souscription de plusieurs garanties et assurances, avant même le début des travaux. Ces obligations protegent le maître d'ouvrage contre les défaillances du constructeur et les desordres de construction.

La garantie de livraison a prix et délais convenus

La garantie de livraison est la pièce maîtresse du dispositif de protection du CCMI. Elle est souscrite auprès d'un établissement bancaire ou d'un assureur agréé. Son rôle : garantir au maître d'ouvrage que la maison sera achevee au prix et dans le délai prévus au contrat, même en cas de défaillance du constructeur.

En pratique, si le constructeur fait faillite en cours de chantier, le garant de livraison prend le relais. Il désigné un nouveau constructeur, finance l'achevement des travaux et couvre les eventuels depassements de prix.

Le constructeur doit fournir l'attestation nominative de garantie de livraison au maître d'ouvrage avant le début des travaux. Cette attestation doit figurer en annexe du contrat.

La garantie de remboursement

La garantie de remboursement protégé le maître d'ouvrage en cas de retractation dans le délai légal de 10 jours, ou en cas de non-réalisation des conditions suspensives. Elle garantit la restitution des sommes déjà versées.

Si le constructeur ne souscrit pas cette garantie, l'acompte à la signature est plafonne à 3 % et doit être consigne (non encaissable).

L'assurance dommages-ouvrage

L'assurance dommages-ouvrage doit être souscrite avant l'ouverture du chantier. Si le contrat la met à la charge du maître d'ouvrage (ce qui est le cas général), le constructeur a neanmoins un devoir de conseil : il doit informer le maître d'ouvrage de cette obligation et, le cas echeant, l'aider dans ses démarches.

L'attestation d'assurance dommages-ouvrage doit figurer au contrat. Le défaut de souscription constitue une faute penalement reprehensible.

La responsabilité civile décennale

Tout constructeur doit justifier d'une assurance de responsabilité civile décennale couvrant les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination, pendant 10 ans après la réception. L'attestation doit être annexee au CCMI.

Les trois garanties légales post-réception

Pour une analyse détaillée de cette obligation, consultez notre guide sur la garantie décennale dans le BTP.

En complement de la décennale, le constructeur est tenu par :

| Garantie | Duree | Couverture |

|---|---|---|

| Garantie de parfait achevement | 1 an | Tous les desordres signalés à la réception ou dans l'année, techniques et esthetiques |

| Garantie de bon fonctionnement | 2 ans | Defauts affectant les elements d'équipement dissociables |

| Garantie décennale | 10 ans | Vices compromettant la solidité ou rendant l'ouvrage impropre à sa destination |


Notice descriptive : que doit-elle contenir exactement ?

La notice descriptive est un document contractuel annexe au CCMI. Son contenu est fixe par l'arrêté du 27 novembre 1991 qui impose un modèle type. Le constructeur ne peut pas utiliser un format libre.

Contenu imposé

La notice doit détailler :

  • La nature et les caracteristiques techniques de tous les ouvrages (fondations, murs, toiture, menuiseries, revetements, etc.)

  • Les raccordements aux réseaux publics (eau, électricité, assainissement, telecommunications)

  • Les équipements intérieurs et exterieurs indispensables a l'utilisation de l'immeuble

  • La distinction claire entre les travaux compris dans le prix convenu et ceux à la charge du maître d'ouvrage, avec le coût de chaque element non compris

Les pièges a éviter sur la notice descriptive

Le premier piège : des prestations decrites de manière trop vague. « Carrelage au choix du client » ne suffit pas. La notice doit préciser la gamme, le type de produit, les références quand elles sont connues.

Deuxieme piège : omettre de chiffrer les travaux restant à la charge du maître d'ouvrage. La loi exigé que ces coûts soient estimés. Un maître d'ouvrage qui découvre des coûts imprevus peut invoquer un vice du consentement.

Troisieme piege : ne pas mentionner les raccordements aux réseaux. Depuis un arret de la Cour de cassation, le constructeur à un devoir de conseil renforcé sur les raccordements. S'ils ne figurent pas dans la notice, le constructeur peut être tenu responsable des coûts supplémentaires.


Le droit de retractation de 10 jours : comment le gérer ?

Le maître d'ouvrage dispose d'un délai de retractation de 10 jours à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée lui notifiant le contrat et ses annexes. Ce délai est d'ordre public : aucune clause ne peut le réduire ou le supprimer.

Ce que le constructeur doit faire

  • Notifier le contrat par lettre recommandée avec accuse de réception, accompagné de toutes les annexes (plans, notice descriptive, attestations de garantie)

  • Ne percevoir aucun paiement pendant le délai de retractation, sauf l'acompte prévu (3 % ou 5 % selon la garantie de remboursement souscrite)

  • Ne pas démarrer les travaux avant l'expiration du délai

Les erreurs fréquentes

L'erreur la plus courante : rémettre le contrat en main propre sans envoi recommande. Dans ce cas, le délai de retractation ne commence jamais a courir, et le maître d'ouvrage peut se retracter à tout moment, même plusieurs mois après la signature.

Autre erreur : transmettre un contrat incomplet (sans la notice descriptive ou sans les attestations de garantie). Le délai ne court qu'à compter de la notification complète. Un document manquant repousse le départ du délai.

Ccmi Obligations Constructeur Guide - illustration 2


Quelles sanctions en cas de non-conformité du CCMI ?

Les sanctions liées au non-respect de la réglementation CCMI sont de trois ordres : civiles, penales et administratives.

Sanctions civiles : la nullité du contrat

L'absence d'une mention obligatoire peut entraîner la nullité du contrat. Cette nullité est dite « relative » : seul le maître d'ouvrage peut l'invoquer. Les conséquences sont redoutables pour le constructeur : restitution des sommes perçues, alors que les travaux sont partiellement ou totalement réalises.

La jurisprudence est constante sur ce point. Les tribunaux prononcent régulièrement la nullité pour défaut de mention de la garantie de livraison, absence de pénalités de retard, ou échéancier non conforme.

Sanctions penales : jusqu'à 300 000 euros d'amende

L'article L.241-8 du Code de la construction prevoit que toute personne qui entreprend l'exécution de travaux relevant du CCMI sans avoir conclu de contrat écrit conforme ou sans avoir obtenu la garantie de livraison encourt :

  • 2 ans d'emprisonnement

  • 300 000 euros d'amende

Ces peines s'appliquent également en cas de perception de fonds avant la conclusion du contrat.

Sanctions administratives : la DGCCRF en première ligne

La DGCCRF (Direction Generale de la Concurrence, de la Consommation et de la Repression des Fraudes) mene des enquêtes régulières dans le secteur. Selon son dernier rapport, sur 285 entreprises controlees, 55 % presentaient des manquements.

Les mesures prononcees lors de cette enquête :

| Type de mesure | Nombre |

|---|---|

| Avertissements | 87 |

| Injonctions | 56 |

| Proces-verbaux penaux | 31 |

| Procedure administrative | 1 |

| Procedure civile | 1 |

La Federation Francaise du Bâtiment (FFB) réclamé elle-même des contrôles plus fréquents et des sanctions plus lourdes pour assainir le secteur.


Les pièges les plus fréquents rélevés par la DGCCRF

Les contrôles de la DGCCRF et la jurisprudence récente mettent en lumiere des manquements récurrents. Voici les pièges les plus fréquents, et comment les éviter.

1. La collecte de fonds avant la signature du contrat

Certains constructeurs percoivent des « frais de dossier » ou des « honoraires d'étude » avant même la signature du CCMI. C'est interdit. Aucune somme ne peut être exigée avant la conclusion du contrat, a l'exception de l'acompte encadre par la loi (3 % ou 5 %). Les règles sont tout aussi strictes lorsque des sous-traitants interviennent sur le chantier.

2. L'absence ou l'irregularite de la garantie de livraison

Selon la DGCCRF, l'absence de garantie de livraison est l'un des manquements les plus graves et les plus sanctionnés. Certains constructeurs signent des CCMI en mentionnant un assureur en liquidation ou un garant non agréé.

3. Les clauses abusives dans le contrat

Les contrôles révèlent des clauses qui interdisent au maître d'ouvrage de visiter le chantier en cours de construction, qui imposent des pénalités au maître d'ouvrage en cas de retard de paiement supérieures a celles prévues pour le constructeur en cas de retard de livraison, ou qui limitent le droit du maître d'ouvrage de consigner les 5 % restants en cas de réserve.

4. L'échéancier de paiement non conforme

Des appels de fonds anticipes par rapport à l'avancement réel, des pourcentages qui dépassent les plafonds réglementaires, ou un échéancier qui ne respecté pas les étapes prévues par l'article R.231-7 : ces irregularites exposent le constructeur a des injonctions de la DGCCRF et a des poursuites du maître d'ouvrage.

5. Le défaut d'information sur le droit de retractation

Le contrat doit mentionner clairement le droit de retractation de 10 jours. Son absence ou une formulation ambigue constitue un manquement rélevé systématiquement par les enqueteurs.

6. La notice descriptive non conforme

Certaines notices descriptives ne respectent pas le modèle type réglementaire, sont trop vagues dans la description des prestations, ou omettent de chiffrer les travaux restant à la charge du maître d'ouvrage.

7. L'absence d'étude geotechnique

Depuis la loi ELAN de 2018 et ses décrets d'application, l'étude geotechnique (étude de sol) est obligatoire dans les zones exposees au retrait-gonflement des argiles. Ne pas la réaliser ou ne pas la joindre au contrat constitue un manquement croissant rélevé par les contrôleurs.

Checklist de conformité CCMI : avant chaque signature, vérifiez que votre contrat comporte toutes les mentions obligatoires, que vos attestations de garantie et d'assurance sont à jour, que la notice descriptive est conforme au modèle type, et que l'échéancier de paiement respecté les plafonds réglementaires. Une vérification systématique en amont coûte 30 minutes. Un contentieux pour non-conformité coûte des mois et des dizaines de milliers d'euros.

Les constructeurs qui centralisent leur gestion contractuelle dans un ERP comme ConstrOK réduisent significativement le risque de non-conformité : chaque contrat est génère à partir de trames pre-conformes, les pièces obligatoires sont tracées dans le système, et les dates de validité des garanties déclenchent des alertes avant expiration. Le passage d'un suivi manuel (tableur, classeurs papier) à un pilotage intègre transforme la conformité d'un risque subi en processus maîtrise.


FAQ

Le CCMI est-il obligatoire pour tout constructeur de maisons individuelles ?

Oui. Dès lors qu'une entreprise se charge de la construction d'un immeuble a usage d'habitation ne comportant pas plus de deux logements pour un même maître d'ouvrage, elle doit conclure un CCMI. Le contrat est obligatoire que le constructeur fournisse ou non les plans. Le défaut de conclusion d'un CCMI écrit expose le constructeur a des sanctions penales (2 ans d'emprisonnement, 300 000 euros d'amende).

Quelle est la différence entre la garantie de livraison et l'assurance dommages-ouvrage ?

La garantie de livraison protégé le maître d'ouvrage pendant la construction : si le constructeur fait défaut, le garant finance l'achevement des travaux au prix convenu. L'assurance dommages-ouvrage intervient après la réception : elle prefinance les réparations des desordres de nature décennale sans attendre la détermination des responsabilités. Ce sont deux protections complémentaires, l'une avant réception, l'autre après.

Le constructeur peut-il modifier le prix après la signature du CCMI ?

Le prix du CCMI est forfaitaire et définitif. La seule possibilite de modification est la clause de révision de prix, qui doit se referer a l'indice BT01 publié par l'Insee. Cette clause est encadree par la loi : la révision ne peut jouer qu'a la hausse et dans les limites prévues au contrat. Aucune majoration pour « imprevus » ou « travaux supplémentaires » non prévus au contrat n'est légalement opposable au maître d'ouvrage.

Que se passe-t-il si le maître d'ouvrage refusé de payer les 5 % restants à la réception ?

Le maître d'ouvrage a le droit de consigner les 5 % finaux auprès de la Caisse des Depots et Consignations s'il formule des réserves à la réception ou dans les 8 jours suivants. Le constructeur ne peut pas s'y opposer. Le deblocage intervient à la levée des réserves. Si aucune réserve n'est formulée et que le maître d'ouvrage est assiste d'un professionnel, le solde est exigible le jour même de la réception.

Combien de temps le constructeur doit-il conserver les documents du CCMI ?

Le constructeur doit conserver l'ensemble des documents contractuels (contrat, notice descriptive, avenants, PV de réception) pendant au minimum 10 ans après la réception, durée correspondant a la garantie décennale. En pratique, un archivage de 15 ans est recommande pour couvrir les délais de prescription des actions en responsabilité.

Un maître d'œuvre peut-il être requalifie en constructeur soumis au CCMI ?

Oui. Si le maître d'œuvre fournit des plans de construction et se charge de l'exécution de l'ensemble des travaux, le juge peut requalifier le contrat de maîtrise d'œuvre en CCMI avec fourniture de plan. Cette requalification entraîne l'application retroactive de toutes les obligations du CCMI, y compris les garanties financières. Plusieurs jurisprudences récentes confirment cette tendance.


Sources


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