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constrOK · 22 min

Prix des matériaux de construction en 2026 : tendances et stratégies d'achat

Les prix des matériaux de construction en 2026 se stabilisent globalement après quatre années de turbulences, mais restent 30 à 50 % plus élevés qu'en 2020 selon les familles de produits.

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Prix des matériaux de construction en 2026 : tendances et stratégies d'achat

Sommaire


Les prix des matériaux de construction en 2026 se stabilisent globalement après quatre années de turbulences, mais restent 30 à 50 % plus élevés qu'en 2020 selon les familles de produits. L'acier oscille autour de 630-650 euros la tonne, le béton prêt à l'emploi progresse de 4 à 7 % sur un an, et les isolants biosourcés continuent leur ascension portée par la RE2020. Pour les PME du BTP et les constructeurs de maisons individuelles, la maîtrise des coûts matériaux reste le levier n°1 de protection des marges.

Cet article passe en revue, matériau par matériau, les tendances de prix observées et prévisibles en 2026. Vous y trouverez des données chiffrées sourcées, un tableau comparatif des évolutions, et surtout 7 stratégies concrètes pour optimiser vos achats et vos approvisionnements.

En bref : Les prix des matériaux de construction en 2026 se stabilisent à des niveaux élevés, sans retour aux tarifs pré-Covid. L'acier et le bois marquent une pause, le béton bas carbone et les isolants biosourcés progressent sous l'effet de la RE2020. Les entreprises qui structurent leurs achats (groupements, contrats cadres, anticipation des commandes) économisent 15 à 30 % par rapport aux achats au coup par coup.


Panorama 2026 : où en sont les prix des matériaux de construction ?

Un marché durablement installé sur un plateau haut

Le secteur des matériaux de construction aborde 2026 dans un contexte de stabilisation fragile. Selon l'UNICEM, l'année 2025 à marqué la quatrième année consécutive de repli des volumes de production : -15 % sur les granulats et -21 % sur le béton prêt à l'emploi (BPE) depuis 2022. Les volumes de BPE livrés en 2025 sont tombés à 32 millions de m3, un plancher historique.

Cette baisse des volumes n'a pas entraîné de baisse équivalente des prix. Les coûts de production (énergie, transport, main-d'œuvre, conformité environnementale) maintiennent les tarifs à des niveaux élevés. L'indice BT01, qui mesure l'évolution des coûts de la construction, a atteint 134,7 en janvier 2026, soit une hausse de 2,3 % sur un an et de 34,7 % par rapport à la base 2010.

Le tableau des évolutions par matériau

| Matériau | Prix moyen 2025 | Évolution 2025/2024 | Tendance 2026 | Facteurs principaux |

|---|---|---|---|---|

| Acier de construction | 650 euros/t | +9,7 % | Stabilisation (-1 à -3 %) | Capacités mondiales normalisées, reprise construction |

| Bois (douglas) | 89 euros/m3 sur pied | +24 % | Stable (+3 à +5 %) | Demande RE2020, coûts de transformation |

| Béton prêt à l'emploi | 125-160 euros/m3 HT | +4 à +7 % | Hausse modérée | Pénuries de granulats, coûts énergie |

| Ciment | ~110 euros/t | +5 % | Hausse (béton bas carbone +15-25 %) | Réglementations environnementales |

| Laine de verre | 2-20 euros/m2 | Stable | Stable | Marché mature |

| Isolants biosourcés | Variable | +10 à +15 % | Hausse (+20 à +30 %) | Forte demande RE2020 |

| Cuivre (câbles, plomberie) | ~8 500 euros/t | +8 % | Hausse modérée | Transition énergétique |

| PVC (menuiseries, canalisations) | Variable | +5 % | +10 à +20 % | Restrictions d'usage, coût pétrochimie |

Sources : UNICEM, INSEE (indice BT01), Batiweb, Europ'metal, CNPF

Pourquoi les prix ne redescendront pas aux niveaux d'avant-crise

Trois facteurs structurels empêchent un retour aux prix de 2019-2020.

Le premier est le coût de l'énergie. La production de ciment, d'acier et de verre est extrêmement énergivore. Les prix de l'électricité et du gaz industriels restent supérieurs de 40 à 60 % à leurs niveaux de 2019 en Europe.

Le deuxième est la pression réglementaire. La RE2020 et les exigences de décarbonation imposent des procédés de fabrication plus coûteux (béton bas carbone, acier recyclé, isolants biosourcés). Ces surcoûts se répercutent dans les prix catalogue.

Le troisième est la raréfaction des ressources locales. Les granulats, matière première du béton, souffrent de la fermeture progressive de carrières et du durcissement des autorisations d'exploitation. Quand la ressource locale manque, le transport alourdit la facture.


Acier de construction : entre stabilisation et tensions ponctuelles

Quel est le prix de l'acier de construction en 2026 ?

L'acier de construction (profilés, poutrelles, treillis soudés) se négocie entre 630 et 700 euros la tonne au premier trimestre 2026. Selon Europ'metal, le prix moyen pondéré de l'acier est passé de 595 euros à 652 euros la tonne en 2025, soit une hausse de 9,7 % sur l'année. Les prévisions pour 2026 tablent sur une stabilisation entre 630 et 645 euros la tonne, avec une variation comprise entre -0,8 % et -3,4 % par rapport à fin 2025.

Le marché a connu une dynamique contrastée en 2025. Les cours ont dépassé 740 dollars la tonne en Europe au printemps, avant de corriger à 620 dollars durant l'été, puis de remonter à environ 705 dollars fin novembre. Cette volatilité saisonnière est devenue un schéma récurrent depuis 2021.

Comment anticiper les variations du prix de l'acier ?

Pour un constructeur de maisons individuelles qui consomme entre 3 et 8 tonnes d'acier par chantier (fondations, chaînages, planchers), une variation de 100 euros la tonne représente un écart de 300 à 800 euros par maison. Sur un carnet de 30 maisons annuelles, l'impact peut atteindre 24 000 euros.

Deux pratiques limitent l'exposition à cette volatilité :

Les contrats cadres semestriels avec un négociant ou un grossiste en acier permettent de verrouiller un prix fixe sur 6 mois. La contrepartie est un engagement de volume minimum, généralement 20 à 50 tonnes. Pour approfondir le sujet de la révision de prix et de l'indice BT01, consultez notre guide dédié.

L'achat anticipé par lots consiste à commander l'acier de 3 à 4 chantiers en une seule fois quand les cours sont bas (typiquement en été, période creuse). Le stockage à un coût, mais il est souvent inférieur à l'écart de prix.

Encore faut-il disposer d'une vision fiable de ses besoins à venir. Des ERP spécialisés comme ConstrOK permettent de consolider les besoins matériaux de l'ensemble des chantiers en cours et à venir, et d'identifier les fenêtres d'achat optimales en croisant le planning prévisionnel avec les budgets prévisionnels par chantier. Le gain sur l'acier seul peut représenter 5 à 10 % du poste, soit 2 000 à 5 000 euros par an pour un constructeur de 20 à 30 maisons.

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Prix Materiaux Construction 2026 - illustration 1

Bois de construction : une accalmie relative après le choc 2021

Comment ont évolué les prix du bois de construction ?

Le marché du bois a retrouvé une relative stabilité après le pic historique de 2021 (+60 % sur certaines essences). Selon le CNPF (Centre National de la Propriété Forestière), le prix du bois sur pied s'établit à 90 euros/m3 toutes essences confondues en 2024, contre 84 euros l'année précédente, soit un rebond de 7 % après deux années d'érosion.

Les évolutions varient fortement selon les essences. Le douglas, très utilisé en ossature bois, a progressé de 24 % à 89 euros/m3. Le pin maritime a gagné 10 % à 56 euros/m3. Le chêne, en revanche, a reculé de 3 % à 228 euros/m3.

La RE2020 va-t-elle faire monter les prix du bois ?

La demande de bois de construction augmente sous l'effet conjugué de la RE2020 (qui favorise les matériaux biosourcés pour réduire l'empreinte carbone) et de l'engouement pour la construction bois. Selon Batiweb, les prix du bois de construction devraient progresser de 5 à 15 % entre 2025 et 2030, portés par la réglementation forestière et les coûts de transformation.

Pour aller plus loin sur les avantages et contraintes de ce matériau, notre article sur la construction bois et ses atouts détaille les arbitrages techniques et financiers.

Un facteur de surcoût souvent sous-estimé est le séchage artificiel du bois. L'augmentation des prix de l'électricité engendré un surcoût de 150 à 250 euros/m3 sur le bois transformé, selon les données de France Bois Foret. Pour un chantier de maison à ossature bois consommant 15 à 25 m3 de bois, ce surcoût représente 2 250 à 6 250 euros supplémentaires.

💡 Exemple terrain : Un CMI qui construit 20 maisons par an dont 5 en ossature bois peut voir sa facture bois augmenter de 11 000 à 31 000 euros annuels rien qu'avec le surcoût du séchage artificiel. Anticiper cette hausse dans les devis est la seule parade : notre guide pour établir un devis BTP rigoureux vous montre comment intégrer ces variables.


Béton et ciment : la pression environnementale pèse sur les prix {#béton-ciment}

Quel est le prix du m3 de béton en 2026 ?

Le béton prêt à l'emploi livré par camion-toupie coûte entre 125 et 160 euros HT le m3 pour un béton classique (C25/30) au premier trimestre 2026. Selon les données compilées par plusieurs sources professionnelles, les tarifs ont progressé de 4 à 7 % par rapport à 2025.

Cette hausse s'explique par trois facteurs simultanés :

La raréfaction des granulats. L'UNICEM signalé que la production de granulats en 2025 est tombée à environ 300 millions de tonnes, le niveau le plus bas en 40 ans. La fermeture de carrières et le durcissement des autorisations d'exploitation créent des tensions locales qui se répercutent sur le prix du béton.

Le coût de l'énergie. La fabrication du ciment (composant principal du béton) nécessite une cuisson à 1 450 °C. Le prix de l'énergie et des transports devrait rester élevé jusqu'en 2030, impactant directement les coûts de production.

La transition vers le béton bas carbone. Les exigences de la RE2020 poussent les centrales à proposer des bétons à empreinte carbone réduite (utilisation de laitiers, cendres volantes, ciments composés). Ces formulations sont 15 à 25 % plus chères que le béton traditionnel.

Le béton bas carbone va-t-il devenir la norme ?

La réponse est oui, progressivement. Les seuils Ic construction de la RE2020 se durcissent par paliers (2025, 2028, 2031). Pour les constructeurs de maisons individuelles, le recours au béton bas carbone deviendra quasi systématique à l'horizon 2028 pour respecter les seuils carbone.

L'enjeu pour les entreprises du BTP est d'intégrer ce surcoût dès maintenant dans leurs grilles tarifaires. Un chantier de maison individuelle consomme en moyenne 30 à 50 m3 de béton (fondations, dalle, planchers). Avec un surcoût de 20 à 40 euros/m3, l'impact se situé entre 600 et 2 000 euros par maison.

⚠️ Point de vigilance : Les prix du béton varient considérablement d'une région à l'autre, en fonction de la disponibilité locale des granulats et de la distance de livraison. Un écart de 30 à 50 euros/m3 entre deux centrales distantes de 30 km n'a rien d'exceptionnel.


Isolants : la RE2020 tire la demande et les tarifs vers le haut

Combien coûtent les isolants en 2026 ?

Le marché des isolants connaît une fracture nette entre deux segments. Les isolants conventionnels (laines minérales, polystyrène) affichent des prix stables à légèrement haussiers. Les isolants biosourcés (fibre de bois, ouate de cellulose, laine de chanvre) progressent fortement, portés par la demande RE2020.

| Isolant | Prix matériau seul (euros/m2) | Prix posé (euros/m2) | Tendance 2026 |

|---|---|---|---|

| Laine de verre (rouleaux) | 2 - 20 | 24 - 45 | Stable |

| Laine de roche (panneaux) | 5 - 30 | 26 - 52 | Stable à +5 % |

| Polystyrène expansé (PSE) | 10 - 20 | 100 - 150 (ITE) | +5 à +10 % |

| Fibre de bois | 15 - 40 | 40 - 80 | +15 à +25 % |

| Ouate de cellulose (soufflée) | 15 - 25 | 25 - 40 | +10 à +15 % |

| Laine de chanvre | 15 - 35 | 35 - 60 | +20 à +30 % |

Sources : Kenzai, Quelleénergie.fr, Prix-pose.com

Pourquoi les isolants biosourcés coûtent-ils plus cher ?

Les isolants biosourcés représentent une filière industrielle encore jeune. Les volumes de production sont inférieurs à ceux des laines minérales, les circuits d'approvisionnement moins optimisés, et les coûts de transformation plus élevés. Selon les prévisions de Batiweb, les prix des isolants biosourcés devraient augmenter de 20 à 30 % entre 2025 et 2030 avant de se stabiliser à mesure que les capacités de production montent en puissance.

Pour un CMI, le choix de l'isolant impacte directement le bilan carbone du bâtiment (indicateur Ic construction de la RE2020) et le coût du lot isolation. Sur une maison de 120 m2 avec 200 m2 de surfaces à isoler, le surcoût d'un isolant biosourcé par rapport à une laine de verre classique se situé entre 2 600 et 7 000 euros.

💡 Astuce : Certains fabricants proposent des solutions hybrides (laine de verre + fibre de bois en complément) qui permettent de réduire l'Ic construction sans basculer intégralement vers le biosourcé. Cette approche mixte peut limiter le surcoût à 30-40 % de l'écart total. L'économie circulaire et le réemploi dans le BTP ouvrent aussi des pistes d'approvisionnement alternatives à explorer.

Pour piloter ces arbitrages matériau par matériau, un suivi budgétaire en temps réel est indispensable. Avec un ERP cloud comme ConstrOK, le conducteur de travaux visualise l'impact de chaque choix d'isolant sur le budget du lot concerné et sur la marge globale du chantier, directement depuis son smartphone ou son poste de bureau. Quand le surcoût d'un isolant biosourcé atteint 5 000 euros sur une maison, savoir en temps réel où vous en êtes permet d'arbitrer sans attendre le bilan de fin de chantier.

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L'indice BT01 : comprendre et utiliser la clause de révision de prix

Qu'est-ce que l'indice BT01 et pourquoi est-il stratégique ?

L'indice BT01 est l'index national du bâtiment "tous corps d'état", publié mensuellement par l'INSEE. Il mesure l'évolution globale des coûts de la construction en France (matériaux, main-d'œuvre, énergie, transport). L'indice BT01 sert de référence pour la révision des prix dans les contrats de construction, notamment le CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle).

En janvier 2026, l'indice BT01 s'établit à 134,7 (base 100 en 2010). Cela signifie que les coûts de la construction ont augmenté de 34,7 % en 16 ans, avec une accélération marquée depuis 2021.

Comment la révision de prix BT01 impacte-t-elle vos chantiers ?

La clause de révision de prix indexée sur le BT01 est un mécanisme à double tranchant. Elle protège le constructeur contre l'inflation des coûts entre la signature du contrat et le début des travaux. Mais elle peut aussi générer des révisions que le client ne comprend pas, source de litiges.

Prenons un exemple concret. Un contrat CCMI signé en mars 2025 pour une maison à 250 000 euros HT, avec un BT01 de référence à 132,0. Si les travaux démarrent en mars 2026 avec un BT01 à 134,7, la révision autorisée est de (134,7 - 132,0) / 132,0 = 2,05 %, soit 5 125 euros. Cette somme s'ajoute au prix contractuel et impacte directement la trésorerie du client.

En 2025, l'indice BT01 a progressé de 2,3 % sur l'année, une hausse modérée comparée aux 6-8 % annuels de 2021-2023. Cette décélération est une bonne nouvelle pour les constructeurs, car elle réduit les écarts entre le prix contractuel et le coût réel, et donc le risque de contestation par le maître d'ouvrage.

⚠️ Attention : L'indice BT01 est publié avec un décalage de 3 à 4 mois. L'indice de janvier 2026 (134,7) n'a été publié qu'en avril 2026. Intégrez ce décalage dans vos calculs prévisionnels de marge. Notre guide sur le coût de construction au m2 en 2026 détaille l'impact du BT01 sur le prix final d'une maison individuelle.


Prix Materiaux Construction 2026 - illustration 2

Stratégies d'achat : 7 leviers concrets pour protéger vos marges {#stratégies-achat}

Avec une marge nette moyenne de 3 à 5 % dans la construction de maisons individuelles et de 5 à 8 % dans les PME du bâtiment, chaque point d'économie sur les achats matériaux se traduit directement en résultat net. Voici 7 leviers activables dès aujourd'hui.

1. Adhérer à un groupement ou une centrale d'achat

Les centrales d'achat BTP mutualisent les volumes de commande de dizaines ou centaines d'entreprises pour négocier des prix de gros auprès des fournisseurs. Selon hemea, les adhérents de leur centrale d'achat économisent en moyenne 30 % sur leurs achats de fournitures, soit entre 15 000 et 50 000 euros par an.

Les principaux réseaux de négoce (BigMat, Gedimat, Tout Faire, Point.P) proposent aussi des conditions préférentielles à leurs clients fidèles. La clé est de concentrer ses achats chez un nombre limité de fournisseurs pour atteindre des seuils de rémise significatifs. Notre article sur l'optimisation de l'approvisionnement chantier détaille les mécanismes de ces centrales.

2. Négocier des contrats cadres annuels ou semestriels

Un contrat cadre fixe un prix unitaire garanti sur 6 à 12 mois en échange d'un engagement de volume. Cette approche supprimé la volatilité des prix et facilite le chiffrage des devis. Elle fonctionne particulièrement bien pour l'acier, le bois, les menuiseries et les équipements de plomberie-chauffage. La négociation des prix avec vos sous-traitants suit une logique similaire.

La contrepartie : vous vous engagez sur un volume minimum. Si votre activité baisse, vous risquez de vous retrouver avec du stock excédentaire. Calibrez l'engagement à 70-80 % de votre consommation prévisionnelle pour garder de la flexibilité.

3. Anticiper les commandes sur les fenêtres de prix bas

Les prix des matériaux suivent des cycles saisonniers prévisibles. L'acier est généralement moins cher en été (baisse de la demande). Le bois est plus abordable en automne, après la saison de coupe. Les centrales de béton accordent des rémises en hiver, quand l'activité ralentit.

Commander 3 à 6 mois à l'avance sur ces fenêtres de prix bas peut générer des économies de 5 à 15 % par rapport à un achat au fil de l'eau. Le coût de stockage (si applicable) est à mettre en balance.

4. Comparer systématiquement au moins 3 fournisseurs

La mise en concurrence reste le levier de base, et pourtant elle est souvent négligée par habitude ou par manque de temps. Sur un lot de menuiseries PVC pour une maison individuelle (budget typique : 8 000 à 15 000 euros), un écart de 10 à 20 % entre le fournisseur le plus cher et le moins cher est courant.

Structurer un processus de consultation standardisé (cahier des charges type, grille de comparaison, relances systématiques) prend du temps au démarrage mais devient un réflexe rentable sur chaque chantier.

5. Optimiser la logistique de livraison

Le coût de transport représente 5 à 15 % du prix des matériaux pondéreux (béton, granulats, parpaings). Regrouper les livraisons, planifier les approvisionnements pour limiter les livraisons urgentes (toujours surtaxées), et privilégier les fournisseurs proches du chantier sont des leviers simples mais efficaces.

Sur le béton en particulier, la distance entre la centrale et le chantier est le premier facteur de variation du prix livré. Un chantier à 10 km de la centrale paiera 10 à 20 euros/m3 de moins qu'un chantier à 30 km.

6. Intégrer les clauses de révision dans vos contrats clients

La clause de révision de prix indexée sur le BT01 (ou sur un indice sectoriel plus spécifique) protège votre marge contre l'inflation des matériaux entre la signature et l'exécution du chantier. En CCMI, cette clause est encadrée par la loi. En marchés privés hors CCMI, elle est négociable et fortement recommandée.

Sans clause de révision, un chantier dont l'exécution démarre 6 à 12 mois après le devis peut voir sa marge grignotée de 2 à 5 points par l'inflation des coûts. Pour mieux anticiper ces écarts, consultez notre guide sur la gestion des aléas de chantier.

7. Suivre les coûts matériaux en temps réel, chantier par chantier

Le dernier levier est le suivi. Beaucoup d'entreprises du BTP ne connaissent leur coût matériaux réel qu'en fin de chantier, quand il est trop tard pour corriger. Un suivi en temps réel des dépenses matériaux par chantier permet de détecter un dérapage dès 20-30 % d'avancement, et d'activer des mesures correctives (renégociation, substitution de produit, ajustement du planning d'approvisionnement). Le coefficient de frais généraux est un indicateur complémentaire à surveiller pour ne pas laisser filer la marge globale.

Les constructeurs qui pilotent leurs coûts matériaux en temps réel via un ERP comme ConstrOK détectent les dérapages 3 à 4 semaines plus tôt qu'avec un suivi sur tableur Excel. Sur un chantier de maison individuelle, ces semaines gagnées permettent de corriger le tir avant que l'écart ne devienne irréversible.

💡 Mise en situation : Un constructeur de maisons individuelles qui suit ses coûts matériaux au fil de l'eau repère que le lot plomberie d'un chantier dépasse de 12 % le budget prévisionnel dès la phase hors d'eau. Il identifié la cause (un changement de gamme chez son fournisseur de cuivre), négocie un avoir partiel, et ajuste son devis type pour les prochains chantiers. Sans suivi en temps réel, ce dérapage n'aurait été détecté qu'au bilan final, 4 mois plus tard.


FAQ

Les prix des matériaux de construction vont-ils baisser en 2026 ?

Non, les prix des matériaux de construction ne baisseront pas significativement en 2026. La tendance est à une stabilisation sur un plateau haut, avec des variations de -3 à +7 % selon les familles de produits. Les coûts de l'énergie, les contraintes environnementales (RE2020) et la raréfaction de certaines ressources (granulats) empêchent un retour aux niveaux pré-Covid. Seul l'acier pourrait connaître un léger recul de 1 à 3 %.

Quel est l'impact de la RE2020 sur le prix des matériaux ?

La RE2020 augmente le coût des matériaux de deux manières. D'une part, elle favorise les matériaux biosourcés (bois, isolants naturels), dont les prix sont 20 à 30 % supérieurs aux alternatives conventionnelles. D'autre part, elle pousse vers des formulations bas carbone (béton, ciment) qui coûtent 15 à 25 % de plus que les produits standards. Sur une maison individuelle, le surcoût matériaux lié à la RE2020 se situé entre 3 000 et 10 000 euros.

Comment fonctionne l'indice BT01 pour la révision des prix ?

L'indice BT01, publié mensuellement par l'INSEE, mesure l'évolution des coûts de construction tous corps d'état. Il sert de base à la révision des prix dans les contrats CCMI et les marchés de travaux. La formule est : prix révisé = prix initial x (BT01 au démarrage / BT01 à la signature). En janvier 2026, l'indice s'établit à 134,7 (base 100 en 2010), en hausse de 2,3 % sur un an.

Comment réduire ses coûts d'achat de matériaux en 2026 ?

Les leviers les plus efficaces sont : rejoindre une centrale d'achat BTP (économies moyennes de 30 % selon hemea), négocier des contrats cadres semestriels avec ses fournisseurs principaux, anticiper les commandes sur les fenêtres de prix bas saisonnières, et comparer systématiquement au moins 3 devis. Le cumul de ces pratiques peut générer 15 à 50 000 euros d'économies annuelles selon le volume d'activité.

Quels matériaux vont le plus augmenter en 2026 ?

Les isolants biosourcés (+20 à +30 %) et le béton bas carbone (+15 à +25 %) affichent les hausses les plus marquées, portées par la demande RE2020. Le PVC devrait progresser de 10 à 20 % en raison des coûts pétrochimiques et des restrictions d'usage. L'acier, à l'inverse, devrait se stabiliser voire reculer légèrement (-1 à -3 %).

Faut-il stocker des matériaux pour anticiper les hausses ?

Le stockage anticipé est pertinent pour les matériaux non périssables et à forte volatilité (acier, menuiseries, équipements techniques). Le calcul doit intégrer le coût de stockage (espace, assurance, immobilisation de trésorerie) et le comparer au gain potentiel. Pour le béton et les matériaux pondéreux, le stockage est rarement viable. Privilégiez plutôt les contrats cadres à prix fixe.


Sources


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